Depuis le 20 février 2026, la loi de finances pour 2026 a commencé à resserrer l’usage du Compte personnel de formation. On passe d’un droit mobilisable (presque) librement à un droit davantage encadré voire conditionné.
Ce que dit la loi
Premier changement : Le permis est réservé aux demandeurs d’emploi inscrits à France Travail ou aux salariés qui bénéficient d’un financement tiers (Région, Opco, entreprise…). Dans tous les cas, même si vous êtes éligible, le montant mobilisable sur votre CPF est plafonné à 900 €. Et si l’éligibilité repose sur un tiers (cas des salariés), le cofinancement minimum doit atteindre 100 €.
À noter : les permis poids lourds et transport de personnes restent mobilisables pour tous les titulaires.
Deuxième changement : le bilan de compétences est désormais plafonné à 1 600 € mobilisables via le CPF. S’ajoute une règle de “carence” : vous ne devez pas avoir bénéficié d’un financement public ou privé pour un bilan de compétences au cours des cinq dernières années (CPF, État, Région, France Travail, Opco, fonds privés…).
Troisième volet : pour les formations préparant à une certification inscrite au Répertoire Spécifique (RS), le plafond d’utilisation est fixé à 1 500 €. Une exception : la certification CléA (socle de connaissances et de compétences professionnelles) n’est pas impactée par ce plafonnement. Les certifications RNCP, elles, restent finançables sans plafond pour le moment, ce qui va mécaniquement pousser beaucoup de projets à privilégier le RNCP au détriment de certifications RS.
Enfin, il faut aussi composer avec la participation financière obligatoire de 103,20 €. Associé à un plafond de prise en charge, il accentue le reste à financer et peut limiter l’accès à la formation pour bon nombre de personnes.
Pourquoi cela inquiète (et pourquoi cela nous inquiète)
Parce que l’impact de ces mesures touche directement la capacité des individus à prendre la main sur leur trajectoire professionnelle La formation tout au long de la vie est un droit, et dans l’idéal, ce droit devrait servir l’alignement entre ce qu’on est, ce qu’on sait faire et ce que l’on veut devenir. Or, en plafonnant certaines formations, s’introduit un filtre financier là où l’enjeu est de taille : se reconvertir, sécuriser un parcours, retrouver de la confiance, reprendre une activité.
Prenons un exemple : une certification RS sérieuse, bien accompagnée, mais à 3 000 €. Avant, le CPF pouvait couvrir les frais. Désormais, le plafond de 1 500 € laisse un reste à financer, parfois important, et tout le monde n’a pas un employeur prêt à abonder ni la trésorerie personnelle pour compléter. Le risque est de voir des projets “cohérents” devenir des projets “inatteignables” ou d’obliger les personnes à choisir une offre moins qualitative uniquement parce qu’elle “rentre dans le plafond”.
Et la suite ?
N’est-il pas tentant d’envisager une poursuite du mouvement déjà engagé ? Sans préjuger des arbitrages à venir, la logique d’ensemble apparaît néanmoins relativement lisible : contenir la dépense publique, orienter plus fermement les financements vers des parcours considérés comme mieux structurés et mieux régulés, et limiter certains usages jugés périphériques ou plus exposés à des pratiques contestables. À ce stade, aucune mesure équivalente ne vise les certifications enregistrées au RNCP, ce qui confirme une volonté de privilégier les formations certifiantes les plus directement rattachées à des qualifications reconnues sur le marché du travail.
La suite relève, par nature, de l’évolution réglementaire et des choix de politique publique. Des ajustements supplémentaires ne peuvent être exclus, d’autant que ces réformes s’inscrivent fréquemment dans une dynamique progressive, par étapes successives. Dans ce contexte, l’enjeu principal n’est pas d’alimenter des scénarios incertains, mais de s’outiller : disposer d’une information fiable, clarifier l’objectif professionnel poursuivi, et sécuriser le montage financier afin que la contrainte budgétaire ne prenne pas le pas sur la cohérence du projet.
Chez PGM LEARNING, nous gardons le cap. Ce que nous recherchons, c’est l’alignement entre un projet, des compétences et une trajectoire. Et l’argent ne devrait jamais être le facteur déterminant qui empêche une personne de se remettre en mouvement. Ces nouvelles règles imposent, à l’ensemble des organismes de formation, une exigence accrue sur trois dimensions complémentaires : la clarté, pour expliquer avec précision ce qui est finançable et dans quelles conditions ; la stratégie, pour orienter vers le format et le référentiel les plus pertinents (RNCP ou RS) au regard du projet ; et l’accompagnement, pour anticiper les cofinancements, maîtriser le reste à charge et éviter les impasses administratives qui découragent inutilement les candidats à la formation.
